Observer des macaques de Barbarie sauvages au Maroc

En octobre 2014, nous avons eu la chance de participer au programme « Naturaliste d’un jour » grâce à l’association BMAC (Barbary Macaque Awareness & Conservation).

Dirigée par la primatologue Dr Sian Waters, cette ONG marocaine mène depuis 2009 des programmes de sensibilisation et de conservation au Maroc dans le but d’une meilleure protection du macaque de Barbarie ou singe magot. Le programme « Naturaliste d’un jour » offre l’occasion de découvrir le travail de l’équipe sur le terrain mais aussi d’observer des macaques en totale liberté.

À la découverte des macaques

Les macaques de Barbarie sont les seuls singes que l’on trouve à l’état sauvage dans le Nord de l’Afrique. Originaires des régions montagneuses, ils vivent dans les forêts de chênes et les canyons du Maroc et d’Algérie. Classée en voie de disparition par l’UICN, l’espèce a beaucoup diminué au cours des dernières décennies. On estime actuellement les populations à environ 8000 individus, il est donc urgent de les protéger et d’alerter le plus grand nombre de personnes sur cette nécessité.

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Un jeune macaque de Barbarie dans un chêne.

Les principales menaces qui pèsent sur les macaques sont la destruction de leur habitat et le trafic d’animaux sauvages. Dans le Moyen Atlas, les bébés singes sont capturés et vendus comme animaux de compagnie en Europe ou bien enchaînés et utilisés comme attraction touristique. On les retrouve notamment sur la place Jemâa El Fna à Marrakech. Moyennant quelques dirhams, les trafiquants proposent aux touristes de poser avec eux. Ceux-ci sont souvent malnutris, battus, forcés à faire des tours ou porter des habits…

C’est en recherchant des informations sur les macaques d’Azrou, trois mois avant notre départ, que j’ai découvert BMAC. L’association recherchait également un bénévole en communication et c’est comme cela que nous sommes entrés en contact. Quelques semaines plus tard, nous rencontrons Sian Waters, Ahmed el Harrad et Sherrie Alexander à Martil à quelques kilomètres de Tétouan. Après une explication des missions de l’ONG et des enjeux de la conservation du macaque de Barbarie, nous sommes invités à passer une journée à Bouhachem.

Dans la forêt de chênes

Le lendemain, nous partons de notre hôtel à Tétouan à 7h et prenons la route de Bouhachem ou nous avons rendez-vous avec l’équipe de BMAC. La réserve naturelle de Jbel Bouhachem est une zone forestière située près de la ville de Chefchaouen. C’est la principale zone de travail de BMAC et c’est l’une des zones les plus arrosées du Maroc. En hiver, il n’est pas rare qu’il neige…

Notes : nous nous arrêtons boire un café à la terrasse d’un bar sur la route qui relie Tétouan à Chefchaouen. Il fait chaud pour un mois d’octobre. Odeur de vieux diesel et de thé à la menthe.

À bord du Monkey Bus, nous allons à la rencontre des villageois de Moulay Abdelslam, puis nous pénétrons dans la forêt pour monitorer les groupes de singes et s’assurer que tout se passe bien. Au programme : compter les macaques, discuter avec les bergers, informer un groupe de touristes… Ici il n’est pas question d’approcher les macaques ni même de sortir du véhicule pour les observer. Les primates sont totalement sauvages et ils n’aiment pas être dérangés. La vue se fait aux jumelles, les photos de préférence avec un bon zoom.

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Les macaques de Barbarie vivent en groupes et peuvent compter jusqu’à 60 individus. Chaque groupe occupe un territoire où il trouve sa nourriture et son eau. Ils dorment dans les arbres en changeant très souvent d’endroit.

Les mâles s’occupent également des petits : ils les portent sur leur dos et les protègent dès leur naissance.

Pique-nique dans la forêt avec BMAC
Nous nous arrêtons pour pique-niquer dans la forêt. À cette altitude (plus de 1000 m), les températures sont plus fraîches.

La journée comprend également la visite du centre d’éducation et de conservation, l’un des projets les plus ambitieux de l’association. Situé près du village de Moulay Abdelslam, ce bâtiment permettra bientôt d’accueillir des groupes et de sensibiliser le public à la protection de l’environnement.

Le puits du centre de conservation
Le puits du centre de conservation
Lucy, Sian et Ahmed devant le centre de conservation
Lucy, Sian et Ahmed devant le centre de conservation

La balade sera aussi pour nous l’occasion de découvrir le patrimoine naturel très riche de la forêt. Chênes lièges, chênes zéen, arbousiers, champignons…

Le travail de l’association

La méthode de conservation développée par BMAC est holistique, inclusive. Elle est basée sur la collaboration avec les communautés locales, nécessaire à la réussite des programmes.

Un bon exemple de cette méthode est le “projet Bergers” à Bouhachem. Les bergers sont les personnes qui passent le plus de temps avec les macaques. Ils connaissent la forêt comme leur poche et savent exactement s’il manque un individu dans un groupe ou s’il se passe quelque chose d’anormal. En établissant un contact régulier avec eux, l’association a pu comprendre que les singes magots souffraient d’une très mauvaise image. Les jeunes bergers leurs lançaient des pierres et ils étaient martyrisés. Grâce au travail de dialogue et de sensibilisation mené par le directeur adjoint Ahmed el Harrad, BMAC a su gagner la confiance des bergers, qui ont changé de comportement vis à vis des macaques. Aujourd’hui, ils appellent Ahmed dès qu’il se passe quelque chose d’inhabituel ou simplement pour donner des nouvelles.

Conclusion : un cadeau original à offrir à tous ceux qui aiment les animaux et la nature

Cette journée dans le Monkey Bus est l’un des meilleurs moments que j’ai passé durant ce voyage au Maroc. Voir des primates en totale liberté est une chance extraordinaire et une expérience à vivre pour tous ceux qui aiment la nature et les animaux. Ce singes là ne sont pas habitués aux humains comme les macaques du parc d’Ifrane à Azrou. Ils sont relativement préservés du tourisme et du trafic illégal grâce a l’association BMAC.

Pour soutenir l’association et découvrir son travail, n’hésitez pas à les contacter via leur site web. Le programme Naturaliste d’un jour est disponible de mars à juin et de septembre à novembre. Places limitées !

Carnet pratique

Naturaliste d’un jour – 85 € par personne (transfert depuis votre hôtel à Tetouan ou Chefchaouen et pique-nique inclus). 

Marjolaine

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