Deux jours dans la Médina de Tétouan

Pour un novice, s’orienter dans une médina relève du quasi impossible. C’est un enchevêtrement de ruelles et d’escaliers, un labyrinthe de sons, de couleurs et d’odeurs dans lequel on prend du plaisir à se perdre.

Tétouan est notre première étape au Maroc. Nous arrivons en ville en fin d’après midi après une petite heure de route depuis Ceuta. La circulation est plutôt fluide et nous nous garons à proximité de la Médina où se trouve notre hôtel. On est tout d’abord surpris par la haute muraille qui l’entoure. Imposante, longue de 5 km, elle est percée de 7 portes qui donnent accès aux différents quartiers. Nous franchissons Bab El-Oqla, l’une des portes les plus fréquentées de la ville (située face au musée d’art marocain).

Un peu d’histoire

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa valeur exceptionnelle, la Médina de Tétouan est l’une des plus petites médinas du Maroc mais aussi l’une des plus belles. Elle a longtemps été un centre culturel et marchand d’importance du fait de sa position stratégique entre deux continents, face au détroit de Gibraltar. Après avoir été partiellement détruite à la fin du XIVe siècle par les Espagnols, elle est repeuplée et reconstruite par les réfugiés musulmans chassés d’Andalousie lors de la reconquête.

Influences andalouses

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Une rue étroite typique de la Médina.

L’influence andalouse se remarque tout d’abord dans l’architecture : façades blanches et patios fleuris, grilles en fer forgées aux fenêtres, placettes calmes et fleuries côtoient les souks bruyants et colorés et les mosquées d’où s’échappe cinq fois par jour le chant du Muezzin.

Flâner dans la Médina possède quelque chose d’envoûtant. Derrière les portes des ateliers, des artisans très affairés cousent le fil ou peignent le cuir tandis que des marchent d’un pas rapide, s’arrêtent chez le boucher où l’épicerie, un sac de courses à la main. À toute heure de la journée la médina est très animée.

 

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Le boucher

Des techniques ancestrales

Dans l’enceinte de la Médina, les artisans perpétuent les traditions. Ils travaillent le bois, le cuir, la laine, l’orfèvrerie selon des techniques qui n’ont pas changé depuis plus de quatre siècles. Chaque quartier de la Médina est dédié à une activité particulière. Même au marché, l’espace est divisé en secteurs : les fruits et légumes d’un côté, les tapis et les vêtements de l’autre…

En se promenant, on est attiré par un petit bruit discret et régulier. On s’approche… à l’intérieur d’une maison, deux artisans tissent des tapis sur des métiers en bois. On reste quelques minutes, on observe, Jérôme essaye d’engager la conversation mais les deux hommes, visiblement concentrés sur leur travail, ne sont pas très bavards. On décide de ne pas les déranger plus longtemps et on continue notre balade dans la Médina.

Le soir, dans les rues de la Médina.
Le soir, dans les rues de la Médina.

Le quartier du cuir

Il s’articule autour de la grande tannerie. C’était l’Aïd lorsque nous étions à Tétouan et la tannerie était déserte. Nous sommes entré dans l’enceinte par curiosité et nous pouvons l’affirmer de manière catégorique : ce n’est pas très appétissant. Des peaux sont mises à sécher au soleil tandis que d’autres macèrent dans les cuves remplies d’excréments de pigeon et de chaux. L’odeur caractéristique qui émane des cuves est difficilement soutenable mais permet d’autant mieux d’imaginer le dur travail des tanneurs. Tout à côté du quartier du cuir se trouve celui de la laine : c’est là que sont confectionnées les pelotes servant à fabriquer les tapis, les djellabas d’hiver et autres couvertures.

Conseils et informations utiles pour visiter Tetouan :

La Médina de Tetouan est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. D’après le guide du Routard, c’est l’une des plus belles et des plus authentiques du Maroc. À ne surtout pas manquer. Prenez le temps de vous promener (perdre) dans les rues au petit matin où à n’importe quelle heure de la journée.

Bus Tanger / Tetouan : 25 dirhams et 1h à 1h30 de trajet.

Restaurants : D’une manière générale, on a plutôt mal mangé à Tétouan. Un restaurant recommandé par le guide du Routard (édition 2014) est à l’origine de ma pire déception culinaire du voyage (un assiette de couscous végétarien fade et tiède auquel on a simplement retiré la viande de l’eau de cuisson des légumes!). Les autres n’étaient guerre fameux mais notre budget était limité (on n’a pas testé le budget supérieur).

Dormir : Riad Dalia (25 € sur booking). Chambre double avec salle de bain commune un peu vétuste. Le patio est très beau mais le bâtiment aurait besoin d’un rafraîchissement (des dalles du toit terrasse sont cassées et lorsqu’il pleut les gouttes mouillent le patio central). Points positifs : le personnel est très sympathique et prêt à rendre service (vous guider dans la medina, vous préparer un thé à la menthe). La terrasse sur le toit offre une vue superbe sur les maisons qui s’échelonnent le long des pentes du Djbel Dersa.

Marjolaine

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